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Comme un credo

Notre peur la plus profonde

«Notre peur la plus profonde
n'est pas d'être nul et incapable.

Notre peur la plus profonde,
c'est d'être puissant au-delà de toute mesure.

C'est notre lumière, et non pas notre ombre,
qui nous effraie le plus. 

Nous nous demandons :
«Qui suis-je pour être brillant,
talentueux et génial?» 

Mais la vraie question devrait dire :
«Qui êtes-vous pour ne pas l'être?»

Vous êtes un enfant de Dieu.
Rester jouer dans votre école maternelle
n'offre aucun service au monde d'aujourd'hui.
Il n'y a rien de saint ou d'illuminé à vous rétrécir
et à vous cacher
pour ne pas insécuriser votre entourage.

Nous sommes nés pour manifester
la gloire de Dieu qui est en nous.
Ce n'est pas limité à certains, à quelques élus;
c'est en nous tous.

Quand nous laissons briller notre lumière,
les autres ressentent inconsciemment
la permission de faire de même.

Quand nous nous libérons de notre propre peur,
notre présence libère automatiquement les autres».

Marianne Williamson
Vendredi 6 novembre 2009 5 06 11 2009 12:09
Du 4 au 25 octobre dernier s'est réunie à Rome, une assemblée d'évêques (africains et non-africains) pour réfléchir sur le thème de la réconciliation, de la justice et de la paix... en Afrique. Essayer de rendre compte en quelques lignes, de trois semaines de travaux et d'une liste de propositions de plus d'une trentaine de pages est une entreprise difficile à laquelle je me livre – comme on l'a souhaité –  avec le grand inconvénient de dire les choses de mon point de vue.
C'est un synode qui s'est  voulu un examen du visage de l'Afrique aujourd'hui, avec pour plagier un document célèbre, ses joies et ses espoirs, ses souffrances et ses angoisses. Comme l'écrit Carlo di Cicco, directeur adjoint de l'Osservatore Romano, ce synode témoigne que « L'Eglise catholique en Afrique a beaucoup grandi; elle s'est levée de plein droit en défense des objectifs atteints et des droits des Africains, mais en critiquant dans le même temps les nombreux maux sociaux et politiques qui frappent encore le continent. Les dénonciations des abus commis par des agences et des sociétés multinationales [et aussi par les États occidentaux parfois complices] pour conserver l'asservissement du continent, vont de pair avec le blâme pour une classe politique et administrative africaine, souvent corrompue, davantage sensible à ses propres gains et aux promesses étrangères qu'à la demande de justice qui s'élève des populations en proie à la faim et aux conflits ». L'examen montre donc, des causes tant endogènes qu'exogènes. Mal-gouvernance des dirigeants parfois sans foi ni loi, corruption, tribalisme... mais aussi néocolonialismes de tout acabit: néocolonialisme économique qui consiste à piller sans réserve les ressources du continent, néocolonialisme moral qui n'accorde d'aides au développement que sous condition d'une aliénation morale qui consiste à imposer le modèle occidental, etc. L'histoire du continent reste grevée d'un malentendu qui depuis l'esclavage le rend grenier d'abord des besoins des autres. Un indice? C'est finalement un synode qui n'aura pas beaucoup intéressé les médias, confinant encore l'Afrique dans sa place de priorité non-prioritaire dans l'agenda des priorités mondiales.
Un sursaut de conscience et des mesures concrètes s'imposent et la liste des propositions ne s'en fait pas l'économie: sur la bonne gouvernance, l'eau, l'immigration et la fuite des cerveaux, le commerce des armes, la justice, la violence sur les femmes et les enfants, le vote électoral, la distributions des bénéfices, le traitement du sida, le dialogue œcuménique, la promotion des femmes dans l'Église, l'inculturation de la foi et de la théologie, la formation du clergé, la catéchèse... voilà autant de chantiers ouverts qui misent avant tout sur la formation des personnes avec l'espérance que l'évangile pourra transformer les cœurs et opérer une véritable conversion.
Le grand mérite de cette assemblée synodale demeure dans le fait qu'elle est une occasion de prise de conscience par des Africains des défis du continent aujourd'hui, d'un diagnostic des causes et de volonté sinon de prise en main du moins de participation renouvelée à sa destinée. Il aura libéré la parole espérant être entendu... Reste à espérer aussi que ses propositions ne soient pas une liste de vœux pieux mais un véritable programme qui trouvera des saints pour sa mise en œuvre afin de faire de l'Afrique, un continent régénéré qui regarde en avant et qui tisse avec le reste du monde des relations libérées des tristes inégalités d'aujourd'hui. J'espère, c'est un credo, que l'évangile sauvera l'Afrique.

Par Delamour
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 11 2009 12:31
Les ressources minières africaines valent 46 200 milliards de dollars ; avec 12% de cette somme, l’Afrique pourrait financer la construction d’infrastructures au niveau européen

“La terre est un don précieux de Dieu pour l’humanité. Les Pères du synode rendent grâce à Dieu pour l’abondance de riches ressources naturelles de l’Afrique. Mais ils affirment que les peuples d’Afrique, au lieu d’en profiter comme une bénédiction et une source de réel développement, sont victimes d’une mauvaise gestion publique de la part des autorités locales et de l’exploitation de la part des puissances étrangères”, lit-on dans la Liste finale des Propositions de l’Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques consignées au Pape Benoît XVI. Mais combien valent les ressources africaines ? Selon David Beylard, savant congolais qui a publié une enquête sur “Les Afriques” (revue économique panafricaine), le montant total des richesses africaines serait de l’ordre de 46 200 milliards de dollars. “La valeur financière des gisements africains de matières premières, jusque-là découvertes, est de 46 200 milliards de dollars ! Pourquoi l’Afrique ne réussit-elle pas à valoriser une semblable richesse qui équivaut à 13 fois le rendement annuel de la Chine ? Un patrimoine largement suffisant pour transformer le continent en une des premières puissances mondiales”, écrit Beylard. Avec 12% de cette somme, l’Afrique pourrait financer la construction d’infrastructures au niveau européen. Une des causes du manque de développement de l’Afrique est le modèle économique fondé sur des finances spéculatives. 

En effet selon le savant, “Des sociétés minières sans moyens conséquents, parfois sans personnel, ni bureaux, appartenant à des actionnaires anonymes, immatriculées dans des paradis fiscaux, parviennent, avec force promesses et mises en scène, à convaincre des gouvernements africains de leur confier des concessions minières gigantesques. Une fois le contrat en poche, ces sociétés se précipitent sur des bourses peu regardantes, généralement canadiennes, pour valoriser leurs titres africains et empocher de coquettes plus values avant même qu’un seul gramme de minerai ne soit extrait de la concession qui leur a été confiée”. En pratique, on crée sur la carte une richesse garantie par les ressources africaines, sans que celles-ci soient réellement exploitées et, surtout, sans qu’elles apportent de réels bénéfices aux africains. Une situation scandaleuse si l’on pense que le système financier international continue d’exiger le paiement des intérêts sur les dettes contractées par les pays africains ? “Pourquoi accorde-t-on si peu de crédit à l’Afrique, qui dispose d’un patrimoine de ressources naturelles gigantesque, capable d’assurer sa solvabilité bien au-delà de ses besoins ? Alors que le système financier international accepte d’investir sur des sociétés occidentales anonymes, opaques, vides de compétences et de capitaux, sur le seul crédit d’un contrat africain ?” demande Beylard. 

Selon une étude effectuée par une société de consultation spécialisée dans les investissements en Afrique, il y a dans le con tinent africain 10 millions de gisements de matières premières (aussi bien dans la terre ferme qu’en mer), mais seulement 100 000 sont exploités. 9 millions 900 mille gisements, soit 90% du total, ne sont pas mis en valeur. Bien plus, elles sont connues et même cataloguées dans une banque de données, qui se targue des technologies satellitaires et informatiques les plus avancées. La situation pourrait changer grâce à la “renommée” des énergies et des matières premières des pays asiatiques. Il faut pourtant tenir haute la surveillance afin de ne pas assister à une nouvelle “course vers l’Afrique”, de la part des grandes et des moyennes puissances, avec le risque de provoquer de nouvelles guerres pour le contrôle des ressources stratégiques. “Aujourd’hui, il existe une étroite connexion entre l’exploitation des ressources, le trafic des armes et l’insécurité délibérément maintenue”, affirment les Pères du Synode. “Nous demandons aux institutions de l’Église qui œuvrent dans cette société qu’elles fassent pression dans le but d’obtenir que ces populations gèrent elles-mêmes leurs ressources naturelles. Pour sa part l’Église cherchera à instituer dans les différentes nations du continent un système de formation dans la gestion des ressources naturelles”.
Par Delamour - Publié dans : Actu
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